6 mois pour devenir semi-marathoniene. Relèverez-vous le défi ?

running

» Hello :) Je vous retrouve aujourd’hui avec un article un peu spécial que j’ai dans les placards depuis plus d’un an… Un article que j’avais commencé à rédigé mais jamais publié. Pourtant, il me tient réellement à cœur et l’expérience que j’ai pu vivre était tellement forte que je me devais de le publier un jour :) En espérant que cela puisse vous motivez, si vous croyez en vous alors sachez que tout est possible.

Je n’ai jamais été sportive, c’est un fait. J’ai pratiqué le tennis pendant quatre années et c’est à peu près à ça que se résumait ma carrière sportive jusqu’à mes 23 ans. J’étais devenue une phobique du sport au collège. Les remarques de certains de mes camarades « hey t’as un balais dans le c*l quand tu cours! » m’avait poussé à me faire dispenser de sport et j’avais cette discipline en horreur tout simplement.

Sauf qu’une vie sans activité physique ça a forcément des conséquences… sur son physique. J’avais la chance d’avoir un poids « normal » sans trop d’effort, je faisais des abdos deux fois dans l’année pour la bonne conscience et ça m’allait plutôt bien. Là où ça pêchait en revanche c’était au niveau de ma condition physique. Les rares fois où je me forçais à courir ne serait-ce que 50 mètres pour attraper un bus, j’étais essoufflée pour les 45 prochaines minutes, au bout de ma vie, à ne plus pouvoir me remettre de cet effort. Un jour j’ai pris conscience qu’a à peine 20 ans c’était quand même vraiment grave comme situation. Suite à l’émergence de plusieurs témoignages de personnes s’étant mise à la course à pied, j’ai décidé en 2013 de moi aussi tenter ma chance, après tout. En voyage pendant deux mois aux USA pour mes études, j’ai acheté ma première paire de running, des sketchers (ce n’est que qu’en consultant un podologue il y a deux ans qu’il m’apprendra qu’il s’agissait en fait de chaussures de fitness ^^). Ce n’est que de retour en France, l’été 2013 que j’ai décidé de vraiment commencer les runs avec ma partenaire de l’époque. Je me rappellerai toujours de ma première course : pleine de motivation et de détermination mais stoppée nette au bout de la première rue car à bout de souffle xD 2,8km réalisé en 28min34 autant vous dire que j’avais surtout marché lors de cette première sortie :D J’ai continué les entraînements à coup de 3 séances par semaines, je parvenais à courir 20-25min dans les meilleurs jours mais toujours en ressentant une peine extrême. Les jours ont passé, j’avais l’impression de ne pas progresser. La souffrance aura eu raison de moi, j’arrête tout en septembre.

Septembre 2014, un an plus tard. Un beau matin je reçois un mail du CE de ma boîte nous indiquant que le marathon débarque pour la première fois à Bordeaux, et qu’ils sont prêts à nous sponsoriser pour l’événement (= payer la moitié de l’inscription.) Lors des prémices de cet événement 3 épreuves étaient proposées : un 10km, un semi (21km) et un marathon (42km). Avec mes collègues nous étions très motivées pour nous dépasser et réaliser ce fameux 10km (ça me paraissait complètement fou mais je me disais qu’en 6-7 mois, j’aurais, je l’espère le temps de m’améliorer et l’objectif d’une course officielle allait me porter.) Motivation au top, quelques pièces achetées pour l’occasion, premier entrainement réalisé avec les copines, tout allait pour le mieux (même si je crachais toujours mes poumons au bout de 15min.) Et puis tout juste une semaine après, on reçoit un second mail : épreuve des 10km annulée, remplacée par un marathon en relais. Ce jour là, je ne sais toujours pas trop ce qu’il s’est passé dans ma tête… L’épreuve relais ne m’intéressait pas du tout, j’ai dit aux filles « bon bah il nous reste le semi, allez on signe ? » Je crois que je faisais ma maligne car nous étions en septembre, l’épreuve avait lieu le 18 avril, je me disais que cette date n’arriverait jamais. Ahah.

6 mois donc pour passer de fille pas du tout sportive à semi-marathonienne. Ahah. Plus le droit à l’abandon, ce défi complètement fou j’allais l’assumer et surtout me prouver à moi-même que j’en étais capable. C’est ainsi que j’ai enchaîné les entraînements à raison de 2 fois par semaine environ. Très vite des douleurs aux genoux se sont faites ressentir et j’ai du passer par la case podologue > vraies chaussures de runnning > semelle pour corriger ma foulée. Ca y est, c’était du sérieux j’avais l’impression de rentrer dans la cours des « vrais ». Pourtant niveau performance ce n’était toujours pas ça xD. Jusqu’à Noël j’étais incapable de courir en continu au delà de 20min. J’ai alors décidé d’alterner 5min de course par 3min de marche pour reprendre mon souffle. J’avais l’impression de régresser en incorporant de la marche pendant mes entraînements et pourtant c’est ce qui m’a fait progresser comme jamais. Avec cette technique j’arrivais à parcourir 7 à 10km, soit 1h à 1h30 d’entraînement. Ces efforts ont payé et en février j’arrive à courir pour la première fois 7km d’une traite. Fin février je vais même réaliser mon premier 10km lors d’un entraînement! Tout s’enchaîne assez vite, l’épreuve du semi se rapprochant à grande vitesse, on nous conseille de participer à une première course officielle avant le jour J. C’est ainsi que j’ai participé aux 10km de Saint Médard le 08 mars. Ce n’est que plus tard que j’apprendrai que cette course est plus une course de vitesse où les gens viennent y faire leurs chronos plutôt qu’une course de débutant… C’est ainsi qu’à mi-parcours je me retrouve bonne dernière, l’impression de ne pas avancer, la voiture balai collée aux fesses… Et pourtant je vais terminer cette course en 1h10 soit mon record absolu encore jusqu’à aujourd’hui. Et tellement fière.

2016-11-01_20h52_24

Coucou les gars, je vais courir un semi-marathon alors que j’ai jamais couru plus de 10KM #shusss

M-1 déjà, j’enchaine les 10km mais jamais plus. Plusieurs fois je me lance des défis « allez cette fois-ci tu fais 15km sinon tu fais pas le semi ahah », sauf que même avec la meilleure des motivations je n’y parviens jamais… 10km, c’est mon mur à moi, que je ne parviens pas à franchir (trop chaud, mal à la jambe, pas assez mangé, les excuses sont toujours nombreuses ^^) Le stress commence à monter d’une façon incroyable. Je pense semi, je mange semi et je dors semi sans cesse. D’ailleurs dans mes rêves j’ai déjà couru le semi 15 fois, avec des anecdotes toujours plus loufoques les unes que les autres :p La dernière semaine, pas de run. Je m’économise en raison d’une douleur au mollet et puis sans même le voir venir, je me réveille samedi 18 avril, jour de la course, en ayant jamais couru plus de 10km, ouais je crois qu’on est bien les gars. Et pour couronner le tout, sinon c’est pas drôle, une pluie diluvienne s’est invitée parmi nous. A 18h, je prends la voiture pour rejoindre le tram. Je suis au chaud dans ma voiture, je n’y vois pas à un mètre devant moi et je sais que dans quelques heures je vais être là dessous, à courir 21,1km. Je me mets à rire toute seule tellement la situation me paraît absurde et pourtant je suis tellement heureuse de faire partie de cette aventure. Avec le recul, je n’aurais même pas voulu qu’il fasse un autre temps. Depuis le début je savais que ce jour serait LE DEFI de ma vie, il fallait bien que l’extérieur ait un air d’apocalypse :D

Après un petit jus de fruit bio et quelques encouragements pour certains de mes collègues partis à l’affront du marathon, vient notre tour. K-way et casquette sont de rigueur pour limiter les dégâts mais nous sommes déjà tous trempés sur la ligne de départ. Située dans le dernier sas des départs, la pluie va part chance se stopper au moment où nous franchissons la ligne à 21h50. Dès le 5ème kilomètre je perds complètement mes collègues bien plus rapides que moi. Mais très vite je me retrouve à courir à côté d’une certaine Caroline et son copain présent à ses côtés pour la soutenir. On a exactement la même foulée, le même rythme, on faiblit aux mêmes moments, je reste donc discrètement à leurs côtés. On fini par échanger quelques mots, on s’encourage et je réalise pas moins de 10km à leur côté. J’ai vraiment adoré le côté humain de cet événement. Malheureusement on se séparera un peu avant le 15ème kilomètre, je me retrouve donc « seule » cette fois-ci, larguées parmi tous les marathoniens avec qui nous partageons le parcours. Les derniers kilomètres seront vraiment très durs. Je commence à avoir une barre dans le dos, mes chaussures trempées finissent par me créer des ampoules sous tous les doigts de pieds et pour couronner le tout, je me rends compte que mon appli à presque 2km de plus par rapport au kilométrage réel. Ainsi quand je pense en être au 20ème, je n’en suis réellement qu’au 18ème et les rues me paraissent interminables. Pourtant pas une seule seconde je n’ai pensé arrêter. J’alterne marche et course, j’en suis à 2h30 d’effort avec seulement 5 chansons sur mon téléphone (autant vous dire que je ne pourrais plus jamais écouter ces chansons :D), je croise ma famille vers le 17ème kilomètre, je lâche rien, je suis au bout de ma vie, je prends tout le sucre que je peux au dernier ravitaillement et je continue. Et c’est là que la magie du corps humain intervient, alors que tu n’en peux plus depuis le début de la course, tu n’arrives même plus à courir et pourtant au dernier virage les jambes repartent toutes seules et tu arrives à faire le sprint de ta vie sur la ligne d’arrivée ! Une fois l’arrivée passée, les larmes montent, la gorge se sert, j’ai du mal à respirer tellement l’émotion me submerge. Je suis SEMI-MARATONIENNE et j’ai pris ma revanche sur toutes ces années passées. (Bon ok je suis semi-marathonienne en 2h52, en 6 mois on ne pouvait pas tout faire non plus, endurance et vitesse, on repassera pour la vitesse.)

Vraiment croyez en vous et en vos capacités. Si vous avez la motivation et la détermination alors rien ne vous arrêtera et vous serez capable de surmonter des choses qui vous semblent inaccessibles. Le corps humain est merveilleux pour ça, apprenez à aimer le vôtre. Bon je ne recommande pas non plus de se pointer à un semi-marathon sans entraînement, mais sachez que le jour J vous serez capable de bien plus que ce que vous ne pensez.

semi_marathon_6_mois

Je terminerai cet article beaucoup trop long par un merci spécial à mes supers collègues avec qui j’ai partagé cette aventure, ces entraînements, et tous les souvenirs qui vont avec :) #love

A très vite pour de nouvelles aventures !
Et vous, quel est votre dernier défi ?

4 Comments

  1. by Cha on 3 novembre 2016  0 h 19 min Répondre

    #collèguesdechoc très bel article et très belle performance ! Il faut en être fière :)

  2. by Candysweet on 3 novembre 2016  12 h 59 min Répondre

    C'est une superbe expérience de dépassement de soi bravo à toi :D Je ne suis pas capable de courir car je déteste ça mais j'admire tout ceux qui le font ;)

  3. by Marine on 5 novembre 2016  14 h 06 min Répondre

    Quelle émotion en lisant cet article, moi aussi j'ai cru pleurer en passant la ligne d'arrivée du semi !!! Une super aventure, malgré les difficultés lors des entraînements, ça ne fait que de bons souvenirs au final :)

  4. Pingback : Mes 5 astuces pour progresser en running - My Pretty Little Reviews

Laisser un commentaire