Vélodyssée Bordeaux Bayonne : 48h de bikepacking en solo

Hello ! Je vous retrouve aujourd’hui avec quelques courbatures aux fesses pour vous parler de ma première micro-aventure à vélo : faire Bordeaux > Espagne en 2 jours en empruntant la Vélodyssée.
Disclaimer : ce récit est ma version « sportive » de la Vélodyssée. Mon but était uniquement de faire des KMs, et non du tourisme. Mais il est tout à fait possible de réduire les étapes pour prendre le temps de profiter de toutes les merveilles que la région a à offrir.
Pourquoi j’ai décidé de faire la Vélodyssée de Bordeaux à Bayonne
Partir rien que mon vélo et moi à l’aventure, j’en rêvais. Le « bikepacking » est un plein essor, et à force de lire/entendre le récit de personnes tout autour de moi, je n’avais qu’une envie : me lancer moi aussi. Cette idée me trottait dans la tête depuis un moment déjà. Je l’avais noté comme projet pour 2021, mais avec les restrictions de début d’année (couvre-feu, confinement, périmètre limité), le peu de temps qu’il m’a resté, je l’ai consacré à la préparation de mon triathlon en Autriche. En 2022, j’avais acheté tout mon équipement (sacoche arrière, lampe arrière avec une longue autonomie, mini-antivol). J’avais à 2 ou 3 reprises posé des jours de congés pour réaliser ce projet, mais à chaque fois la météo avait été apocalyptique, et je n’avais pas envie de ça pour une première expérience. Ensuite, les incendies de l’été ont frappé la région et la piste cyclable est devenue inaccessible.
En 2023, les astres se sont enfin alignés. J’étais en pleine préparation pour la Race Across Switzerland, une course d’endurance de 330KM. Je devais donc intégrer des longues sorties pendant ma prépa, et ce projet s’intégrait parfaitement.
Avec mon chéri on parlait de se faire un petit weekend dans le Pays Basque prochainement. Le plan est donc devenu le suivant : partir 2 jours avant lui, pour arriver à la frontière en vélo le vendredi soir et pouvoir entamer ensuite notre weekend. Gros avantage de cette organisation : je n’avais pas à me tracasser du retour en train pour une première, et si jamais je ne parvenais pas à arriver jusqu’au bout, mon chéri pouvait me récupérer en voiture à n’importe quel endroit le 2ème jour (qui s’avère le plus complexe).
Préparer une micro-aventure bikepacking sur la Vélodyssée
S’entrainer à enchaîner le volume :
Avant même de définir le parcours plus en détail, je savais que la distance journalière allait être importante et avoisiner les 150km. Je me suis remise sérieusement à l’entrainement début janvier. J’ai augmenté petit à petit les distances, jusqu’à cette sortie de 115km début mars où je me suis sentie extrêmement bien. En trouvant mon rythme de croisière, je sentais que je pouvais durer comme ça des heures encore; ça m’a donc rassuré quant à ma capacité physique de pouvoir réaliser ce défi. Quelques autres sorties de +- 100km, parfois avec dénivelé, parfois sans. Et à côté de ça, de bonnes séances de home-trainer pour travailler ma force.
Préparer la trace :
Ma trace n’est pas la plus courte, ni la plus optimisée, elle est plutôt personnelle car j’avais 2 prérequis en-tête :
- Partir directement de chez moi en toute autonomie (j’habite actuellement à Martillac, au Sud de Bordeaux.)
- Emprunter le plus possible la Vélodyssée et longer la côte.
Pour rallier la côté Atlantique, les routes ne sont pas très nombreuses, ce sont principalement de gros axes routiers et je n’aime pas du tout emprunter ces routes. Je me suis donc rajouté des KM mais j’ai trouvé la jonction de 2 pistes cyclables : La Brède > Hostens, puis Hostens > Mios, ville depuis laquelle je peux rattraper la Vélodyssée et ensuite ça déroule ! (J’ai pu trouver cette jonction grâce au site France Vélo Tourisme qui répertorie toutes les grandes pistes cyclables en France.)
Pour réaliser la trace en elle-même, je me suis servie du créateur d’itinéraire Strava. Il me permet de vérifier l’état de la route empruntée (bitume ou chemin) et de repérer les fontaines à eau pour me ravitailler tout à long du parcours. En parallèle, je me suis servie du site officiel de la Vélodyssée pour suivre la route et lire les points d’attention sur chaque étape.
S’équiper avec un vélo de route :
Mon vélo est un vélo de route Liv Langma équipé freins à disques et pneus tubeless. Il ne s’agit pas d’un gravel, j’ai donc parfois un peu modifié la trace de la Vélodyssée pour rester sur un terrain adapté à mon vélo (= bitume).
Niveau équipement, j’ai passé une petite commande car il me manquait quelques affaires de base pour du bikepacking :
- une sacoche de selle pour transporter mes affaires
- un anti-vol léger et compact pour les mini arrêts boulangerie/supermarché si besoin.
- une lumière arrière avec une bonne autonomie pour couvrir la journée entière

Le départ : entre stress et sentiment de liberté
Le départ a d’abord été marqué par beaucoup de stress. Partir seule avec le « minimum vital » dans une sacoche et 170 km à parcourir pour la première étape, c’est forcément intimidant. Mais une fois en selle, ce sentiment a laissé place à une liberté indescriptible.
Jour 1 : De Bordeaux à Mimizan (170 km)
Départ à 8h20, pour rejoindre La Vélodyssée depuis le sud de Bordeaux, j’ai donc traversé La Brède et Hostens. Je connaissais ce début par cœur car ce sont mes routes d’entraînement, mais ensuite j’ai, pour la première fois, tourné à droite en direction de Mios pour rattraper ensuite la piste à Biganos. Premier stop à 11h40 dans une boulangerie à Biganos, il y a plein de commerces, un sandwich à emporter et ça repart. Quel bonheur de longer ensuite la Dune du Pilat ! C’est un lieu qui a baigné mon enfance, mais l’atteindre à la force des jambes lui a donné une dimension particulière...
14h, j’arrive à Biscarosse et trouve le spot parfait pour déguster mon sandwich les pieds dans le sable. Je profite de la pause pour mettre mon compteur à charger sur ma batterie externe. Déjà plus de 100km parcourus, mais grâce à mon petit rythme, je n’éprouve aucune fatigue, j’ai le sentiment d’avoir les jambes complètement fraiches.
Les kilomètres ont défilé grâce à une bonne gestion de l’effort. Peu avant 18h, j’arrive sur la plage de Mimizan avec une immense fierté : 170 km dans la journée, mon record personnel ! J’avoue même avoir versé quelques larmes de bonheur derrière mes lunettes en réalisant le chemin parcouru. C’est complètement fou.
• Mon moment détente : Un bain de jambes revigorant dans l’océan face au coucher de soleil.
• Le bon plan logement : J’ai logé une nuit à l’hôtel Atlantique à Mimizan (en basse saison, la chambre est à 55€, et il y a un garage à vélo sécurisé).
• Le bon plan miam : Un poké bowl chez Poke Beach à Mimizan (tellement copieux que j’ai eu du mal à le finir malgré les kilomètres effectués !)

🔸 Activité Strava 🔸
Jour 2 : L’immersion dans la forêt landaise de Mimizan à Bayonne (110 km)
Le deuxième jour, le départ se fait à 8h30 sous les premiers rayons de soleil perçant à travers la forêt. Cette étape entre Mimizan et Contis reste ma préférée : le parcours est vallonné et l’arrivée sur le phare de Contis, qui surgit au détour d’un virage, est tout simplement majestueuse. Je ne vois pas le temps défiler.
Après une halte à la boulangerie de Léon pour faire le plein d’énergie (de quiche et de crêpes !), j’ai continué vers Seignosse pour un pique-nique au calme. Le canal d’Hossegor est magnifique.
14h20, je vois le tant attendu panneau de la ville de Bayonne, cette arrivée est un peu plus « brutale ». Après des heures de quiétude en forêt, j’ai eu l’impression d’être une « Indienne dans la ville » face à la jungle urbaine. Mais quel choc visuel en voyant les montagnes s’ériger au loin… Wahou, je l’ai fait ! Je suis partie de Bordeaux, le plat pays, pour arriver au Pays-Basque.
J’ai ensuite quitté La Vélodyssée pour finir par la départementale, car la piste devenait moins adaptée à mon vélo de route. Mais pourtant les routes bondées un vendredi après-midi ne m’ont pas fait me sentir très en sécurité. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de me rendre dans un parking et demander à mon chéri de me récupérer. L’aventure s’arrête là pour le deuxième jour, 110km. Idéalement je souhaitais arriver jusqu’à la frontière espagnole pour la symbolique, mais ne connaissant pas le coin, je suis déjà très heureuse de tous les KMs parcourus.

🔸 Activité Strava 🔸
Mon bilan et conseils pratiques
Ces deux jours m’ont offert une déconnexion totale, comme si j’étais partie une semaine entière.
• L’itinéraire : J’ai été très agréablement surprise par la qualité du revêtement, tout à fait adapté au vélo de route, de Mios jusqu’à Bayonne.
• Côté organisation : J’ai utilisé le site France Vélo Tourisme et celui de La Vélodyssée pour repérer le tracé et les points d’eau/toilettes, très nombreux sur le parcours.
• Budget : Une nuit en hôtel à 50 € et quelques euros en boulangerie.
• Sécurité : Ne craignez pas de partir seule ! On croise énormément de monde sur la route, vous ne serez jamais vraiment isolé en cas de pépin technique.
Cette aventure m’a prouvé qu’on peut vivre un dépaysement total rien qu’en partant de chez soi. Une seule question me trotte désormais dans la tête : c’est quand le prochain ?
Et vous, seriez-vous prêts à tenter l’aventure bikepacking en solo ?
Note : Pour plus de détails sur mon équipement ou pour voir l’aventure en vidéo, n’hésitez pas à aller faire un tour sur mon Instagram !
