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Compte rendu – London Olympic Triathlon 2018

by Gwenaëlle
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(Oui je sais, on est désormais en 2019, j’ai plus de 6 mois de retard, mais mieux vaut tard que jamais :) Je sais que ma course de l’année dernière en a inspiré quelques uns à y participer cette année, alors avec un peu de retard vous saurez tout de cet événement magique ✨)

» Hello ! La dernière fois qu’on avait parlé triathlon, je venais de boucler mon premier triathlon S (compte-rendu par ici) et mon moral en avait pris un sacré coup… Je l’avais très mal vécu. J’avais trouvé la course vraiment difficile sur plusieurs aspects (natation, transition vélo > course, chaleur) alors qu’en moins de 3 mois, je devais en faire non pas le double, mais le quadruple 🙀 (pour rappel, depuis maintenant un an je m’entraîne pour réaliser un ironman 70.3 au Portugal le 30/09/2018).

J’ai été démotivée pendant quelques heures, envie de tout abandonner mais heureusement, ça n’a pas duré bien longtemps. J’ai été remotivée par les mots de mes proches et j’étais désormais prête à me donner à 200% pour atteindre mon objectif. Ma vie était sur le point de changer car on m’avait proposé de partir travailler temporairement à Londres durant l’été. Au plus grand des hasards, le soir même de cette course, j’ai tapé « Triathlon Londres » et je suis tombée sur ça : « AJ Bell London Triathlon: the biggest triathlon in the world » Rien que ça waw… Date : 7-8 Août (soit potentiellement 2 week-ends après mon arrivée sur Londres), c’était juste parfait ! Même que Gordon Ramsay y participe chaque année… Dès que j’ai eu mes billets d’avion pour Londres, j’ai pris mon dossard pour le format M : 1500m de natation, 40km de vélo et 10km de course à pied, le double de ce que je venais de faire (pour ceux qui se demanderaient, le prix pour un tel dossard est d’environ 150€, un peu moins si vous vous y prenez plus à l’avance que moi !)

Cet événement est considéré comme le plus grand triathlon au monde car il s’étale sur 2 jours et offre différent format de courses: XS, S, M et M+, en solo ou en relais, il y a également des courses pour les enfants et un défi « week-end warriors » (= finir le plus de triathlon possible – oui quand un seul c’est pas assez :D) Au final, c’est environ 10.000 participants et 30.000 spectateurs attendus sur le week-end. D’ailleurs, du fait du très grand nombre de participants, les règles sont légèrement différentes et la combinaison est par exemple imposée par raison de sécurité jusqu’à 25 degrès dans l’eau.

💪 Préparation :

« Work on your weaknesses in training, play to your strengths in racing! » J’avais tout juste un mois entre ces deux triathlons et j’étais bien décidée à travailler sur mes points faibles, que la première course m’avait permis d’identifier, pour mieux préparer cet événement.

🔹 La nage en eau libre
Par chance, mon logement à Londres était juste à côté du célèbre Hyde Park et après quelques recherches, j’ai découvert qu’il y avait un lac dans lequel un espace était aménagé pour nager en eau libre (si certains sont intéressés, il s’agit du Serpentine Lido, un bassin de 100m). Par double chance, j’ai vu que des cours de natation étaient également dispensés le lundi soir par Swim for tri – des coachs spécialisés dans la nage en eau libre. Je n’ai pas hésité longtemps et j’ai souscris à une première séance « découverte ». Pour ne pas avoir l’air trop bête pendant cette première séance de groupe, je décide d’aller tater l’eau le week-end juste avant. C’est également l’occasion d’enfiler pour la toute première fois ma combinaison de natation. J’avais regardé un tuto avant de partir mais cela m’a quand même valu 15min de bagarre dans les vestiaires et 1L de sueur en moins. Je ne me sens pas très à l’aise, il m’est impossible de nager la brasse, je me sens un peu coincée mais d’un autre côté je sens vraiment le pouvoir flottant de la combinaison. Ce jour là, la natation me paraît beaucoup plus difficile, surtout au niveau des épaules, ça chauffe déjà beaucoup.

Lundi, déjà l’heure de mon premier cours. Je file en sortant du travail et j’arrive juste à l’heure avant le début de la séance. Je n’ai que 10min avant le début du cours, alors pas de chichi il va falloir que cette combinaison s’enfile toute seule et c’est presque le cas, j’ai déjà fait des progrès. Avant de rentrer dans l’eau, on a une grosse introduction de 30min sur la nage en eau libre. On est la moitié des participants à prendre part au Triathlon de Londres alors la prof nous donne tout plein de conseils pour cette course en particulier et c’est vraiment appréciable. Une phrase qui m’a marqué « La natation est l’épreuve sur laquelle vous devez prendre le plus de plaisir ». Ah oui, et si j’essayais après tout ? :)

Pour éviter que cet article ne soit trop long, je vous renvois vers mes 2 posts Instagram pour (re)lire le contenu des séances auxquelles j’ai participé : séance Skillsséance Fitness. Ces séances m’ont vraiment énormément aidé à appréhender la natation en eau libre et je me sens beaucoup plus sereine pour la course – d’ailleurs je réalise que la combinaison améliore fortement ma posture et me permet d’aller beaucoup plus vite qu’en piscine. Les douleurs aux épaules ont même disparu dès la deuxième séance, lorsque j’ai réussi a bien ajusté la combinaison.

🔹 La transition vélo > course à pied

La sensation de course après le vélo est vraiment très étrange, on a les jambes un peu lourdes mais ce qui me gêne le plus personnellement, c’est que je n’arrive pas du tout à me rendre compte de ma vitesse. Après des km et des km de vélo où le paysage défile à toute vitesse, j’ai l’impression de faire du surplace en course alors que je suis généralement bien au dessus de ma moyenne habituelle et je me crame trop vite.

Pour essayer d’appréhender ça, je participe à un cours de RPM tous les mardi soirs et j’enchaîne directement par quelques kilomètres sur tapis où je peux fixer l’allure à laquelle je veux courir. Ca me permet aussi de me rendre compte que pour rester à la même allure tout le temps, il me faut fournir plus d’énergie vers la fin. Je n’ai pu faire ces séances que 2 fois avant la course mais je sens que ça m’a bien aidé.

Ces deux semaines passent à une allure folle et on est déjà la veille de la course. Ce jour là j’essaye d’être assez active pour me fatiguer un minimum et m’endormir de bonne heure car le réveil du lendemain est programmé tôt, très, très, très tôt. Par chance ils prévoient un temps magnifique tout le week-end (la précédente édition s’était faite en partie sous la pluie). Un peu trop magnifique d’ailleurs, le vendredi soir, l’organisation annonce pour la première fois que la température du bassin a dépassé les 25 degrés et que le port de la combinaison pourrait être interdit (dans ce cas il serait obligatoire de se munir de 2 flotteurs par mesure de sécurité). C’est un peu la panique car je me suis bien habituée à ma combi, elle me permet de nager plus vite, et ceux qui en portent savent que ça a ce petit coté rassurant. Et puis je n’ai pas de flotteur… L’organisation dit qu’elle en prêtera mais qu’elle en aura peut-être pas assez. C’est confus, je ne sais pas exactement ce qui va m’attendre mais j’ai espoir que la combi soit autorisée.

🏅 Jour J c’est parti !

3h45 le réveil sonne et malgré toute ma bonne volonté, je n’ai quasiment pas dormi… Pourtant cette fois-ci je suis sereine, déterminée, mais mon cerveau a un peu trop cogité pendant la nuit. J’ai à peine le temps de me faire un petit déjeuner qu’il faut déjà que je saute dans le premier métro (je me prépare aussi un petit sandwich pour la route, ma plus grande peur dans la vie c’est de manquer de nourriture). La route est longue jusqu’au lieu de l’événement et je veux arriver pour l’ouverture à 5h30 car j’ai mon dossard à récupérer + un vélo ! Je n’ai pas pu emmener mon vélo à Londres alors j’ai du en louer un pour l’événement. Je stresse pas mal pour cette partie car c’est la première fois que je fais ça et j’ai peur que le vélo soit mal ajusté. Je suis passée par le partenaire officiel de l’événement MyTriathlon – le gros avantage c’est que le vélo m’attend sagement sur l’air de transition et je n’ai pas à me préocupper du transport. Le lieu du triathlon est un peu excentré, ma vague part très tôt et il y a peu de transport en commun disponible (cela aurait été encore plus restreint avec un vélo – seul 2 vélos autorisés par rame !)

5h45 – dossard et vélo récupéré. Finalement toutes mes angoisses s’envolent car le vélo est super (en carbone) et on a pris le temps de bien l’ajuster pour que je me sente à l’aise dessus – maintenant je prie juste pour ne pas crever car il n’est pas équipé de kit de crevaison.

Je pars déposer toutes mes affaires dans le parc à vélo et j’y reste un long moment pour organiser toutes mes affaires mais surtout essayer de me repérer dans cet immense lieu. Par où je vais arriver en sortant de l’eau ? Par où se trouve la sortie vélo ? Et la sortie course à pied ? Et mon vélo est quelle rangée déjà ? Finalement même avec tout ça, je suis hypeeeeer large et j’attends patiemment mon départ à 7h20. Je fais partie de la première vague de départ car j’avais estimé mon temps à « 40min et plus » (= les plus lents donc les premiers à partir).

Vers 7h, c’est enfin l’heure du brief d’avant départ. On nous donne notre bonnet de bain (chaque vague a une couleur différente). Je commence à avoir sacrément envie de faire pipi alors je me dis que je ferai dans ma combi une fois dans l’eau car il parait que ça porte bonheur. La vague de 7h20 est vraiment la plus conséquente en nombre de participant du coup ils décident au dernier moment de la séparer en 2 pour faire deux départs à quelques minutes d’interval. On nous assure que les chronos seront bien réinitialisés car je fais partie de la 2ème vague. Les premiers sont déjà bien installés dans l’eau, moi je suis encore sur le ponton, lorsqu’il me semble entendre au loin un « en fait non on va faire tous les départs en même temps » Whaaaaaaaat ?! Attendez les gars, je suis pas encore dans l’eau, j’ai pas ajusté mes lunettes, j’ai pas eu le temps de me positionner pour être tranquille, j’ai pas fait mon pipi porte bonheur !!!

🐟 Natation – 1500m dans un bassin – 36min

Je n’ai pas trop le temps de capter ce qu’il se passe qu’il faut déjà y aller, je suis plutôt loin de la ligne lorsque ce départ précipité est donné alors je me lance sans trop réfléchir. J’arrive à faire quelques bras de crawl et là c’est le soulagement intérieur « ouiiii cette fois-ci tu vas y arriver, pas de brasse ! ». Il y a beaucoup de monde mais ce n’est pas trop la cohue non plus. Je me déporte petit à petit vers la gauche, quitte à faire quelques mètres en plus, je préfère être tranquille et à l’aise pour évoluer à mon rythme. Je m’arrête parfois quelques secondes pour reprendre ma respiration, c’est encore tout nouveau pour moi.

J’avance, j’avance, je fais demi-tour à la première bouée et je m’arrête quelques instants, j’ai envie de reprendre ma respiration mais surtout de prendre quelques secondes pour vraiment me rendre compte d’où je suis et de ce que je suis en train de faire. Une fille à côté de moi est aussi en train de profiter et elle capture quelques instants avec sa GoPro ! Me voyant à l’arrêt, un bénévole en canoë me demande si tout va bien. « Oh yes ✌️ » et je repars. Je crois qu’à ce moment, je trouve vraiment mon rythme et je fonce. Je suis hyper bien, je contourne la dernière bouée à quelques mètres de l’arrivée et je suis vraiment déçue d’être déjà arrivée (oui oui je m’éclate tellement que j’aurais voulu continuer à nager – ça me boost énormément car je me dis que c’est de bonne augure pour le Half Ironman où je devrais nager 1900m).

On m’aide à sortir de l’eau et j’entends les bénévols crier « You are under 40min! » Whaaaaat? J’en reviens vraiment pas d’avoir réussi à faire 36min malgré plusieurs petits arrêts alors qu’en piscine je mettais généralement 45min. Je me bats pour retirer la combi, la mettre dans un sac plastique et je cours vers mon vélo !

🚴 Vélo – 40km à travers la ville – 1h23

Me voilà partie à l’assault de Londres ! Pour ceux qui ont l’habitude des triathlons en pleine nature et du dénivelé, ce n’est pas ici que vous trouverez votre bonheur mais personnellement j’ai adoré ce contraste ! Au lieu de gravir des cols, on gravit ici quelques ponts. Il y a aussi de nombreux tunnels qui me font perdre le GPS, ma montre n’a enregistré que 36km alors je ne sais pas quelle est la longueur réelle du parcours. Tout ce que je sais c’est qu’on a une première boucle à faire et que le retour se fait une fois au niveau de Big Ben. Ce moment arrive hélas bien trop vite et je suis déjà triste car je sais que cette épreuve va passer à toute vitesse. On longe la tamise un long moment et c’est tellement magnifique. Je n’avais pas encore pris le temps de vraiment visiter le centre ville alors j’en prends plein les yeux ! Pour atteindre les 40km, on doit faire une deuxième boucle mais seulement la moitié, il y a une bifurcation pour faire demi-tour plus tôt. Etant sorti de la natation dans les premières grâce à la première vague, je fais la première boucle en parti toute seule. Par contre, au moment d’attaquer la deuxième boucle, je rejoins tout ceux qui ont fini la natation entre temps et là c’est une véritable autoroute de cyclistes. Ca surprend un peu la première fois quand on est pas habitué alors je fais bien attention aux personnes qui me doublent (et à celles que j’arrive à doubler).

Je vais le redire mais cette épreuve est passée beaucoup trop vite, je suis déçue lorsque je vois que je n’ai pas atteint officiellement les 40km à ma montre et que c’est déjà terminé. J’appréhende le moment où je vais devoir décrocher mes chaussures des pédales, je me gamelle générallement une fois sur deux mais heureusement ça passe, et je ne me tape pas l’affiche.

🏃 Course à pied – 10km (et un peu plus) – 1h20

Je prends le temps d’avaler une pâte de fruit avant de repartir, il doit être à peine 10h du matin à ce stade et pourtant la chaleur est déjà bien présente. Je me souviens avoir eu le sentiement de rôtir sur place. Le parcours se compose de 4 boucles de 2.5km chacune. J’avais peur que le parcours soit trop redondant et de m’ennuyer sur ces boucles mais c’était finalement sympa ! On longe le bassin où on a nagé précédemment et moi, la vue de l’eau ça me met toujours en joie. Les écouteurs sont comme souvent interdits sur les triathlons mais l’organisation a installé des enceintes tout le long du parcours, on a de la musique et une super ambiance de la part des spectateurs venus nombreux et de tous les bénévoles le long du parcours. La petite difficulté du parcours réside dans le fait qu’on passe une petite côte à chaque tour (c’est comme si l’espace de transition était à l’étage +1, le parcours à l’étage 0 donc on a « un étage » à passer à chaque fois.)

A savoir : une partie du parcours passant par l’étage transition, on perd le signal GPS à ce moment là. D’ailleurs beaucoup de personnes se sont plaint à posteriori que le parcours faisait plus un bon 11 voir 11.5km que 10km (je ne saurais jamais).

Les 2 premiers tours se passent bien, il fait chaud mais je prends le temps de bien boire à chaque ravitaillement. Je ne fais de pause et je suis contente de ces petits progrès. 5km sans marcher ! La suite se corse un peu, ça devient de plus en plus difficile. Je n’ai personne ici pour m’encourager mais j’avais communiqué le lien du live à ma famille. J’espère qu’ils sont en train de me regarder alors pour me motiver j’essaye de m’arrêter le moins possible pour qu’ils continuent de voir ce petit point avancer sur la carte… Je fais quand même une petite pause vers le 7ème KM pour bien me ravitailler, je bois beaucoup, je marche un peu et c’est reparti !

Ca fait 2 fois que je passe par l’espace transition, que je vois la bifurcation vers la ligne d’arrivée mais que je dois repartir pour un tour. Cette fois-ci c’est la dernière, j’ai enfin le droit d’accéder à la ligne d’arrivée (pour info, malgré le nombre de tour, il n’y a pas de chouchou de couleur distribué, c’est à nous de compter le nombre de tour et de savoir quand se diriger vers la ligne d’arrivée – pour les tricheurs, n’y pensez même pas, on est tracké sur le parcours donc ça se verra s’il vous manque un tour ;-))

Je vois enfin le grand tapis rouge, j’accélère mais je suis prise d’une trop forte émotion. Ca faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ça mais je commence à faire de l’asthme émotionnel en pensant à ce que je viens d’accomplir. J’ai du mal à respirer, je commence à suffoquer, je suis en train de faire une tête bizarre mais je vois tous les photographes au loin. J’essaie de me ressaisir pour pas avoir l’air trop bête en franchissant la ligne d’arrivée et …. 3h31 🏅

Médaille au tour du cou, je n’en reviens pas ! Moi qui avait mis 2h pour faire un triathlon S, je pensais faire à minima 4h sur le double de distance. Je suis tellement heureuse de mon chrono. Mais je suis d’autant plus heureuse que cette fois-ci je ne finis pas sur les rotules ! J’aurais pu nager plus, j’aurais pu rouler plus – bon je n’aurais pas pu courir beaucoup plus mais je sais que c’est mon point faible. C’est très encourageant pour le half ironman 1 mois 1/2 plus tard.

J’ai parlé d’un mini couac concernant le départ en natation mais hormis ça, vu le nombre d’épreuves et le nombre de participants, l’événement est hyper bien organisé (et je ne dis pas ça parce qu’on m’a servi une pinte de bière à l’arrivée :D) Une fois l’épreuve terminée, j’ai pu aller faire un tour sur le village de l’événement pour voir les différents stands et ensuite aller voir le départ des pro vers midi, c’était hyper impressionant à voir !

Voilà pour le récit de cette journée folle ! S’il vous reste des questions, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire, j’y répondrai avec plaisir :) A bientôt !

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