Home SportConseils Débuter le crawl en partant de zéro

Débuter le crawl en partant de zéro

by Gwenaëlle
0 comment 485 views

Hello, après plusieurs semaines de réflexion, de ménage, de maintenance et de code, je suis très heureuse de vous retrouver aujourd’hui sur le blog pour un tout nouveau départ :-) Quoi de mieux que de commencer par un sujet sur lequel vous êtes nombreux à me poser des questions régulièrement : l’apprentissage du crawl !

Préambule : j’ai personnellement appris le crawl dans le but de faire du triathlon. Néanmoins, je tiens à souligner que le crawl n’est pas une nage obligatoire pour participer à une compétition. Si vraiment vous voulez participer à un triathlon mais que vous ne maitrisez toujours pas le crawl, pas d’inquiétude. J’ai fait ma 1ère course en brassant et à chaque compétition, je vois toujours plusieurs personnes brasser. L’avantage à pratiquer le crawl, c’est qu’on peut vraiment tout miser sur le haut du corps et économiser ses jambes qui vont bien travailler par la suite sur le vélo et la course mais il n’y a vraiment aucune obligation.

Avant toute chose, petit point rapide sur mon historique : j’ai appris à nager assez tardivement vers l’âge de 8 ans. Je ne sais pas plonger et avant de commencer le crawl, je ne savais pas mettre la tête sous l’eau sans boire la tasse. Je n’avais pas peur de l’eau car j’ai toujours aimé être dans l’eau, que ce soit à la piscine ou à la plage, faire de la brasse, mais je n’étais vraiment pas à l’aise une fois sous l’eau (il m’était impossible de faire du snorkeling avec un tuba car je paniquais et n’arrivais pas à respirer une fois la tête sous l’eau).

Aujourd’hui, je nage facilement 3000m en crawl, et lors de mon dernier triathlon, j’ai fait un joli temps de 38min pour 1900m. Que s’est-il passé entre ? C’est parti !

Débuter le crawl en partant de zéro :

1/ Prendre des cours :

Dans ma pratique du triathlon, et ayant pour objectif de faire des distances assez longues (half ironman), j’ai de suite eu pour objectif d’apprendre le crawl. 2 solutions s’offraient à moi : apprendre seule ou prendre des cours. J’ai voulu opter pour la solution qui me paraissait la plus simple : prendre des cours. Je me suis renseignée auprès de ma piscine municipale et j’ai pu réserver 5 cours semi-privé pour 80€ le vendredi soir. On était à ce moment là en septembre 2017.

Je me souviendrai toujours de ce premier cours, je suis arrivée avec mon pince-nez, en disant que je ne savais pas respirer sous l’eau. La première réaction de la maître nageuse a été « Range-moi ça de suite, les pinces-nez c’est pour les personnes âgées ». Ok ça annonçait la couleur… En même temps c’est exactement ce que j’étais venue chercher : j’avais besoin qu’on me botte les fesses pour réussir mon objectif. J’ai commencé par des exercices « simples » à l’aide d’une planche mais dès le début c’était très compliqué. La MNS me montrait les gestes en étant hors du bassin et j’avais du mal à les assimiler en étant dans une position complètement différente de la sienne.

Deuxième séance : elle m’a donné des exo à faire, elle a dû me regarder uniquement 4 fois pendant l’heure, en me disant à chaque fois « non », « non ça va pas », « non pas comme ça ». Bah si ça va pas explique-moi, fais quelque chose… Bref j’en ai gardé un mauvais souvenir. Par la suite j’ai dû annuler la 3ème séance car j’ai été nommée Jurée d’Assise (je pense que c’est une excuse valable…), mais elle n’a pas vraiment apprécié. Ça m’a soulé, je sentais que le courant ne passait vraiment pas alors je n’ai jamais reprogrammé de séance, j’ai perdu 80€ et j’ai décidé que j’allais apprendre toute seule.

Je n’ai pas eu de chance avec cette expérience, j’espère que tous les MNS ne sont pas comme ça et que certains ont le goût de l’enseignement. Si vous en avez l’opportunité, je recommanderais quand même de commencer par des cours car c’est le moyen le plus simple pour commencer et structurer son apprentissage.

2/ Apprendre tout seul :

Entre septembre et fin décembre 2017, j’ai du aller à la piscine seulement 2-3 fois. J’étais perdue, j’arrivais difficilement à faire 10m de crawl et j’appréhendais le regard des autres sur ma nullité. J’essayais de bosser un peu sur ma capacité à mettre la tête sous l’eau et je me forçais à intégrer quelques longueurs de brasse coulée.

Fin novembre : je décide de repartir de zéro et essaye de décortiquer le mouvement du crawl. C’est à ce moment là que je découvre les vidéos YouTube sur le sujet, et ça a été la révélation ! Voici les chaînes et vidéos spécifiques qui m’ont aidé à apprendre le crawl :

La 1ère vidéo a vraiment été un déclic pour moi. Je me crée ma petite fiche, et je m’entraîne seule devant mon miroir à répéter ces 3 étapes pour les assimiler. La coordination n’est vraiment pas quelque chose d’innée chez moi alors j’ai beaucoup travaillé pour savoir ce que je devais faire de mes bras, de mes pieds, de ma tête :D

Janvier 2018, je pars à Singapour pendant 2 mois pour le travail et c’est là-bas que tout s’est véritablement joué. J’ai la chance d’avoir une grande piscine ouverte jusqu’à tard tous les soirs, avec peu de monde. Le rêve ! Je décide d’y aller 2-3 fois par semaine et de ne pas lâcher. Au début, je commence toutes mes séances par au moins 1000m de brasse pour d’abord me mettre en confiance dans l’eau. Ensuite, je fais de la brasse puis de la brasse coulée pour m’habituer à avoir la tête dans l’eau, en soufflant bien pour ne pas avaler la tasse. Petit à petit j’intègre quelques longueurs de crawl et très vite un maître nageur local a eu ces paroles bienveillantes qui ont tout changé « C’est bien ce que tu fais, pense à lever un peu plus tes coudes ». Wow, c’était la première fois que quelqu’un me disait que je n’étais pas carrément à côté de la plaque, ces mots ont vraiment raisonné et m’ont mis en confiance.

Petit à petit j’ai enchainé les longueurs de 50m, enfin pas vraiment enchainé car comme tout le monde au début, j’étais bien essoufflée après chaque longueur. J’ai dû mettre mon égo de côté à bien des reprises car je nageais le crawl bien moins vite que la brasse (alors qu’on est censé aller plus vite quand même).

Un jour, je ne sais plus pourquoi, le bassin de 50m devait être fermé et je me suis retrouvée dans le petit de 25m et ça a été une autre révélation. J’ai commencé à faire mes longueurs et très vite j’ai senti que mes pieds touchaient le fond du bassin… Et oui, sur un bassin de 25m la profondeur est généralement moindre et ça m’a permis de me rendre compte d’un gros défaut : mes pieds coulaient car je n’étais pas assez gainée. Là encore j’ai dû mettre mon égo de côté, moi qui était habituée aux bassins de 50m, je suis repassée sur un bassin de 25m. Je pouvais mieux me rendre compte si j’avais une bonne position et les longueurs de 25m étaient finalement plus abordable pour la respiration.

Fin février, après 8 semaines et beaucoup de litres de chlore ingurgité, je peux le dire, je sais nager le crawl ! Je réalise mon premier 2000m trèèèès lentement certes (je n’ai plus les chiffres mais je sais que c’était en bien plus d’une heure…) mais je ne suis plus essoufflée après chaque longueur. Personnellement, je n’ai jamais utilisé d’outil comme la planche pour apprendre, j’ai « simplement » répété les mouvements et enchaîné les longueurs semaines après semaines.

Ensuite les mois passent, je pars pas mal en vacances, je nage un peu mais beaucoup moins qu’avant. En avril j’ose pour la 1ère fois me mettre dans une ligne « nageur », auparavant je nageais dans l’espace libre avec les mamies. En juin, la panique refait surfasse. Rien n’est acquis et le manque d’entrainement se paie direct ! Je panique de nouveau dans l’eau, j’ai du mal à réaliser ne serait-ce qu’une longueur de 50m d’une traite. Je comprends que je dois être plus régulière et heureusement ça revient petit à petit.

Je pense que je passe un nouveau cap en juillet, j’arrive à Londres pour le travail et je nage en eau libre à Hyde Park. Je mets pour la 1ère fois une combinaison de natation. Le pouvoir de flottaison corrige ma posture et je gagne +10min sur tous mes chronos. Je prends conscience une nouvelle fois que ma posture à la piscine n’est pas bonne et grâce aux entrainements avec la combi, j’essaie de m’imprégner des sensations pour les reproduire en bassin. Je nage aussi beaucoup en piscine tout l’été et ma séance de prédilection est la suivante :

  • 500m crawl respiration en 3 temps
  • 500m crawl respiration en 4 temps côté gauche
  • 500m crawl respiration en 4 temps côté droit
  • 500m crawl respiration en 5 temps.

Je mets vraiment un point d’honneur à respirer en 3 temps depuis mes toutes 1ère longueurs histoire de ne pas créer un déséquilibre car on a tous un côté préféré. Le focus en 4 temps d’un seul côté me permet de bosser mon côté plus faible. Aujourd’hui, je ne saurais même pas vous dire de quel côté je respire le mieux car je ne vois plus de différence alors je suis bien contente d’avoir pris les bons mimétismes dès le début.

30 septembre 2018, jour J de mon half Ironman, un an après avoir pris mon tout premier cours de crawl, je nage 1900m en 44min. C’était totalement inespéré mais je l’ai fait, en partant de zéro, alors je vous assure que c’est vraiment à la portée de n’importe qui.

Pour conclure, voici un résumé des points qui m’ont vraiment aidé dans ma pratique :

1/ Se renseigner auprès de sa piscine municipale pour prendre des cours
2/ Regarder des tuto vidéos pour apprendre les bases
3/ Décomposer les mouvements du crawl et pratiquer hors de l’eau
4/ Nager dans un bassin de 25m (permet de vérifier que les pieds ne coulent pas)
5/ S’entrainer régulièrement au début (minimum 2 séances par semaine pour progresser)
6/ Se forcer à respirer en 3 temps dès le début (vous vous remercierez par la suite)

Une fois qu’on a les bases et qu’on sait enchaîner les longueurs, comment faire pour nager plus vite et corriger sa technique ? C’est tout le travail que j’ai fait ma deuxième année de crawl et ça viendra dans un prochain article ;-) En attendant, n’hésitez pas laisser les conseils qui ont marché de votre côté en commentaire, histoire de s’entre-aider :-) S’il vous reste des questions, n’hésitez pas à les poser, j’y répondrai avec plaisir ! A bientôt !

A lire en suivant

Laisser un commentaire